Lassitude

Le moral ne va pas fort en ce moment.

Au boulot les requins que j’arrivais à écarter s’enhardissent avec l’annonce de mon prochain départ. Ils n’attendent même pas le départ pour se partager mon pôle. Ce pôle que j’ai monté à la force du poignet, en formant moi même mes techniciens, j’ai bien peur qu’il disparaisse quand je ne serai plus là.

Mon métier qui disparait parce que l’Etat décide au nom du libéralisme que c’est pas à lui de construire des ponts. IL reste quelques dinosaures qui savent encore faire, mais pas d’inquiétude on va attendre leur départ. Au passage les dégouter un peu en leur expliquant qu’ils ne servent à rien. Bah tiens, venez donc faire un calcul aux éléments finis, ou déterminez moi les modes propres d’un pont levant, vous me direz après si c’est vraiment plus facile que de décaler des barres sur un planning.

Un service qui part en vrille, avec des gens pas motivés, et quand je tire la sonnette d’alarme on me prend pour l’empêcheur de dormir en rond.

Des agents que j’ai aidé et qui me bavent dans le dos … pas en face, la franchise étant une notion inconnue de la majorité.

Vivement la fin, que tout ce poids quitte mes épaules. J’en ai marre de l’hypocrisie, et du refus de regarder les choses en face. Plus que quelques mois, mais bon sang je pensais pas que ça serait aussi long et aussi pénible.

 

Pour ne rien arranger, ma fille, en fait la fille de ma femme, mais depuis 35 ans je la traite comme ma propre fille qui ma balance à la figure tout son mépris parce que j’ai l’outrecuidance de ne pas accepter que mon petit fils décide de ne rien faire à l’école. Le pauvre petit, surtout ne pas lui dire en face que si il ne travaille pas il sera minable. Notez bien les SI. La réaction c’est que je le traumatise, et de fil en aiguille que je suis un mauvais beau père, un mauvais père aussi qui a pourri la vie de ses enfants. Hé bah faut pas se gêner et bien charger la mule. Avec tout ça j’ai compris ma place : fait le taxi, la nounou, le mécène, mais surtout ne donne pas ton avis, tu n’en a pas le droit.

Bref … c’est un peu le début de la fin. La fin qui s’approche et à laquelle je pense de plus en plus souvent. Oh pas une envie de la causer moi même, juste un mot que tu apprivoises petit à petit. Qui te fait toujours proche mais dont tu te rapproches chaque jour.

Il restera quoi après. Une vie ratée? J’espère que non, mais j’y crois de moins en moins.

Heureusement que je peux me réfugier dans mes mondes virtuels, faire vivre mes héroïnes auxquelles je voudrai bien ressembler. Tiens dans une autre vie je voudrai être une femme douce, belle et gentille, au lieu d’un vieil ours blasé et découragé. Une petite rousse empathique. Je suis pas sur que ça serait plus facile, dans la vie il n’y a pas de magie pour se sortir des mauvais pas, mais j’aimerai essayer : un sourire et hop problème réglé, c’est plus facile qu’un hurlement primaire de barbare, et tu passes moins pour un con.

 

 

 

 

 

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5 réflexions sur “Lassitude

  1. Je te rassure, tu n’es pas le seul à rencontrer ce genre de problèmes au travail, j’en fait exactement la même expérience de mon coté, à même pas 30ans ^^

    Quant à la belle-fille, la critique est aisée mais à long terme c’est elle et elle seule qui fera les frais de ses lacunes en matière d’éducation vis à vis de son gremlins, c’est son problème quoi ^^ Puis façon les études ne sont pas forcement un gage d’une vie heureuse ou d’un travail bien rémunéré hein.

    Faut tenir bon et savoir être un peu égoïste parfois, tiens bon dans le creux de la vague et éclate toi quand elle déferle 🙂

    • Merci.

      C’est un peu dur. heureusement ce soir il y a une marche avec deux couples d’amis, et après barbecue, de quoi oublier un peu, avant que ça revienne.

  2. Primate, barbare, voilà des mots forts.

    Derrière tout ça et quoi qu’il advienne de ton service, n’oublies pas la fierté. La fierté de s’être battu pour quelque chose qui te tenait à cœur et d’avoir mené tes projets avec conviction et professionnalisme.

    Les relations familiales, c’est plus compliqué. Chacun fait ce qui lui parait le mieux sans forcément se rendre compte de ses erreurs.
    Je partage un peu tes gènes de primate (direct et manquant de délicatesse sont des reproches qui me sont fait de temps à autre) et comprends un peu ce que tu ressens.
    A mon sens, il est important de ne pas perdre le contact avec ceux qu’on aime. Garder le dialogue, aider sans froisser, c’est une discipline ardue voir périlleuse, mais qui vaut le coup d’être pratiquée.

    Je suis de tout cœur derrière toi. Tiens le coup et garde le meilleur !

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