Killian Kiliniel – 21- La ronde du commandant

Deux articles dans la même journée … mais je serai absent, sans internet jusqu’à lundi.

*****

Les officiers du Jutland arrivèrent rapidement. Comme tout l’équipage ils étaient tendus et anxieux au vu des perturbations des communications et s’attendaient à avoir des nouvelles. Killian leur retransmit sa conversation avec l’Amiral, y compris le sort du second et d’Irlina, sans toutefois rentrer dans les détails. Les visages étaient graves. En terminant son compte rendu Killian leur demanda de placer le vaisseau en état d’alerte jaune, ce qui signifiait un poste de garde dans tous les systèmes offensifs et défensifs du vaisseau, en complément de la veille des communications et des scanners.

Le docteur Sandman intervint « Commandant l’équipage est inquiet je pense que vous devriez faire le tour du vaisseau pour qu’ils vous voit. »

Killian se força à lui sourire « C’est ce que j’avais prévu, merci Docteur. Est ce que vous avez en tête des cas particuliers ? »

« Oui commandante, je vous ai préparé une liste. Le cas le plus urgent à résoudre est le sergent Schwarz, il cherche, sans succès, à joindre sa femme qui doit accoucher à Vancouver. Il est au bord de la crise de nerf. »

« Bien je vais aller le voir à l’atelier, c’est bien là qu’il est en poste ? »

L’ingénieur en chef répondit « Oui commandante, il devait avoir une permission, mais votre second l’a annulée. »

Killian hocha la tête « Bon prévenez chacun vos subordonnés, dites leur que j’attends des nouvelles et que je les communiquerai dès que je les aurai. Qui est de garde ? »

Le docteur reprit la parole « C’est moi, commandante. »

« Je préfère vous savoir à l’infirmerie pour recevoir ceux qui le souhaitent. Sautez votre tour, votre suivant sur la liste prend la place. »

L’officier de soute se mit au garde à vous « C’est moi commandante. »

« Bien, Karl faites bonne garde, je vous rejoins ici dès que j’aurai terminé ma ronde. » Elle se tourna vers Irlina « Lieutenant,  suivez-moi. »

Les officiers saluèrent et quittèrent la pièce un à un. Killian fit de même peu après, avec Irlina sur ses talons. Lorsqu’elles furent seules dans le couloir Killian s’approcha d’Irlina pour lui dire à voix basse « Désolée, Irlina on peut se voir quand j’aurai terminé si tu veux. »

Irlina lui posa la main sur le bras « Ne t’inquiètes pas Killian, ça peut attendre. On a plus urgent. Je te laisse, je vais aller vérifier les systèmes de sécurité. »

« Merci, Irlina. » Killian la regarda s’éloigner avec un pincement au cœur. Elle avait failli régler son problème, ou tout au moins l’exposer. Tout était à refaire. Elle secoua la tête, elle n’avait pas le droit de se laisser distraire par ses problèmes personnels, il y avait bien plus urgent. Avec détermination elle se dirigea vers les quartiers de l’équipage.

Elle arrivait dans un des salons du Jutland ou les hommes et femmes qui venaient de terminer leurs quart se reposaient. Plusieurs discussions, toutes relatives aux coupures de communication, étaient en train. Les soldats spéculaient sur les causes, la majorité pensait à une fourberie des Butariens, quelques-uns rappelaient les avertissements du commandant Shepard. D’autre encore s’inquiétaient pour leurs proches.

Killian s’approcha, Un homme cria « Fixe ! » Les conversations cessèrent et tous se mirent au garde à vous en saluant. Killian rendit le salut « Repos, je suis là pour vous écouter. »

Une femme, s’avança. Killian reconnut une des servantes des systèmes GARDIA, une petite brunette Française. Omettant son garde et son nom, comme l’étiquette l’aurait voulu, elle aborda Killian « Commandante, pourquoi on n’est pas au courant de ce qui se passe ? »

Le ton était plus inquiet que frondeur. Killian ignora le manquement à la discipline. Elle était là pour rassurer, et prendre la température, pas pour punir bêtement. « Sergent Pivert je crois ? »

Un murmure parcouru l’assistance. La femme se mit au garde à vous « Oui, excusez-moi Commandant, je suis inquiète pour mes parents. J’attends des nouvelles de mon père qui doit être opéré du cœur. »

Killian leva ses deux mains à mi-hauteur, paume dirigées vers le bas, dans un geste d’apaisement « Vous êtes excusée Sergent. Je ne sais rien de plus que ce dont vos supérieurs vous  ont informés.  J’attends des nouvelles de l’Amirauté, dès qu’elles arriveront je vous les communiquerai ? En principe c’est pour demain matin. Je vais envoyer une demandes aux autorités médicales si ça peut vous soulager.»

« Merci Commandante. »

Un des marines de Shalatova s’avança à son tour en saluant « Caporal-chef Stanton ! Commandant y’en a qui disent que c’est ce qu’annonçait le commandant Shepard. Vous y croyez-vous aux théories de cette illuminée ? »

Le Commandant Shepard était un des modèles de Killian, une des raisons qui avait motivé son engagement dans le corps des officiers. Elle ne pouvait pas tolérer qu’on la salisse comme cela. Elle toisa du regard l’homme qui la dépassait d’une tête. « Quoique vous en pensiez Caporal, elle reste le Commandant Shepard. Une femme dont tout le monde devrait être fier. Elle a sauvé plus de vies que vous n’avez sorti d’idioties, je vous prie de respecter son nom si vous voulez rester sur ce vaisseau. C’est clair ? »

L’homme bafouilla « Désolé commandante, ça m’a échappé, je regrette. »

« Bien, affaire classée alors. Pour ce qui est du fond de votre question, l’Amirauté n’exclut aucune hypothèse. Dans l’attente d’informations nous devons rester soudés, et humbles. C’est dur pour tout le monde, mais on le savait en signant notre engagement. »

Un murmure d’approbation parcourut l’assistance. Killian termina « Si il n’y a pas d’autres questions, je vais continuer. L’Amirauté compte sur nous. Je compte sur vous, sans vous le vaisseau ne sert à rien. »

Une femme au fond de la pièce cria « Pour la commandante, Hip hip … »

« Hourrah »

Après son départ Killian n’entendit pas les réactions. Notamment, la femme qui avait lancé le hourrah, s’était approchée du marine « Elle t’as bien mouché la commandante, qu’est ce qui t’as pris de dire ça ? »

L’homme répliqua « Je sais pas. Faudrait savoir un coup Shepard c’est une sauveuse, un coup c’est une terroriste, je ne sais plus quoi penser. »

« Hé ben pense pas, t’es pas payé pour ça et t’as pas le cerveau pour. Au moins tu sais qu’il ne faut pas dire de mal d’elle devant la commandante. »

Après cela Killian avait visité tous les lieux de rassemblement du vaisseau. A chaque fois elle avait pu se rendre compte de la tension générée par l’absence de communication. Chacun s’inquiétait, soit pour un proche, soit pour un parent. Sa dernière visite fut pour le sergent que lui avait signalé le docteur. L’homme était assis à côté d’une caisse dans l’atelier et contemplait une photo sur un datapad. Killian vint s’accroupir face à lui. L’homme, perdu dans ses pensées n’avait pas réagi à son approche. Pointant le datapad, Killian lui demanda « C’est votre femme ? Elle est jolie. » L’homme hocha la tête sans répondre. « Est ce que vous voulez que je vous mette en repos, sergent ? »

L’homme un peu surpris lui répondit « J’sais pas, j’ai ce moteur à régler. Et puis au boulot j’pense pas. »

« Sergent, allez donc voir le docteur pour qu’elle vous aide à passer ce cap. Dès qu’on accoste je vous donne votre permission pour Vancouver, tenez bon, je suis certaine que votre femme est en de bonnes mains. Si vous avez besoin de quoi que ce soit passez me voir. »

L’homme se releva « Vous avez raison, merci Commandante vous êtes gentille. »

Après avoir terminé son tour du vaisseau, Killian, passablement exténuée d’avoir reçu les doléances et craintes de l’équipage était retournée à la salle de commandement. A son arrivée Karl Mansfeld lui avait rapidement brossé un tableau de la situation. L’essentiel était qu’ils n’avaient rien de nouveau. Killian s’accouda un bref instant à la table de carte, Karl qui était à côté observait sa commandante. Il se tourna vers elle. « Commandante, vous ne tenez plus debout, allez vous reposer, je veille. »

« Non, Karl, c’est trop important. »

« Commandante, allez y je vous appelle si il y a du nouveau. »

Killian soupira « Bon … à plus tard Karl, réveillez moi au moindre signe suspect. »

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